Greenoffice : la révolution du tri sélectif

Depuis 2004, Greenoffice conçoit et produit des corbeilles de tri, des bornes de collecte et toute une série de produits destinés à valoriser et à optimiser le tri sélectif en entreprise. Le credo de cette entreprise ultra-dynamique : proposer des solutions attractives, pratiques et même intelligentes pour apporter toujours plus de valeur à ses clients.

Inséparables depuis leur rencontre, en 2000, c’est ensemble que Malik Sersar et Michel Vincent ont conçu le projet de Greenoffice de A à Z. Une idée surprenante pour des professionnels d’internet et de la communication ? Peut-être, mais en tout cas mûrement réfléchie. « Nous nous étions rendu compte que les préoccupations environnementales étaient en pleine croissance, explique Malik Sersar. Les entreprises étaient en train de prendre le virage vers des pratiques plus durables, comme le fait de trier des déchets. Sur le papier, c’était un geste simple, mais à l’époque, il n’y avait pas vraiment d’outil adéquat. » « Pour dire les choses clairement, les poubelles ressemblaient à des poubelles et les entreprises étaient légitimement réticentes à l’idée de défigurer leurs locaux avec des collecteurs peu pratiques et qui ne s’accordaient pas avec leur environnement, poursuit Michel Vincent. De ce double constat est né le projet de Greenoffice : développer des solutions de tri esthétiques, faciles à vivre et surtout adaptées aux besoins des entreprises de tous secteurs. Dans l’univers d’internet, nous avions vécu plusieurs révolutions, sourit Michel Vincent. Nous savions que pour “disrupter” un secteur, il fallait apporter une valeur nouvelle aux utilisateurs. Si nous nous étions contentés de travailler l’aspect esthétique des conteneurs, nous n’aurions eu qu’une partie du concept. Nous étions persuadés qu’il faudrait aussi qu’ils aient un véritable impact sur les process des entreprises qui feraient le choix de les installer dans leurs locaux. » Mais justement, quelles entreprises ? « D’emblée, nous avons fait le choix de nous adresser essentiellement aux grands groupes, indique Malik Sersar, d’une part, car un seul contrat avec une telle entreprise peut suffire à faire décoller une activité, et, d’autre part, parce que les grands groupes sont souvent en avance sur les démarches environnementales par rapport aux autres organisations. »

Un incontournable de la vie de bureau

L’autre choix décisif a été de proposer une gamme complète qui couvre tous les besoins de « waste management » d’une entreprise, de la simple corbeille à papier aux tables de tri pour les cantines, en passant par des collecteurs de toutes tailles pour des typologies de déchets des plus variées. De quoi équiper tous les espaces d’un immeuble, du hall d’accueil aux bureaux de la direction. Agora, la gamme phare de Greenoffice, est ainsi proposée en deux contenances, avec six types d’ouverture et une gamme de 20 couleurs pour les habillages plexi à personnaliser à volonté en fonction des besoins de communication (logo de l’entreprise, slogan, pictogrammes…). « Le design et la fabrication – made in France – sont irréprochables et positionnent nos produits sur une gamme “premium” très qualitative. Nous voulions sortir l’acte de trier ses déchets de l’univers de la contrainte ou du petit geste pour la planète pour aller sur un territoire plus valorisant, susceptible de servir l’image des entreprises qui font le choix des solutions Greenoffice. À l’époque, cette vision de l’écologie était encore marginale, mais nous avons suivi nos convictions et elles se sont révélées fructueuses avec le double “boom” des thématiques liées à l’écologie et au bien-être au travail, poursuit Malik Sersar. Aujourd’hui, elles sont devenues réellement stratégiques pour tous les acteurs économiques et sont même devenues un levier d’attractivité auprès des salariés “millennials”, qui ne sont pas prêts à transiger sur leurs convictions sociétales et environnementales. » Plus visibles, plus séduisantes et plus pratiques, les solutions signées Greenoffice valent aux entreprises d’atteindre des gains de productivité de 25 % sur leur gestion des déchets. De quoi faire rêver plus d’un directeur des achats. « Et c’est exactement ce que Greenoffice a réussi à faire, résume Charles Collin, directeur de participations chez Isatis Capital. La grande force de cette entreprise est d’avoir conçu un discours commercial inédit qui a trouvé son auditoire en mettant une thématique, autrefois jugée peu “sexy”, au service de la création de valeur. En choisissant l’offre de Greenoffice, les grands groupes actionnent un levier pour fédérer l’ensemble de leurs collaborateurs autour d’une identité forte et d’idéaux sociétaux aspirationnels, avec en sus un retour sur investissement intéressant grâce notamment à l’optimisation des interventions des sociétés de traitement des déchets. » Les options stratégiques prises au démarrage ont porté leurs fruits. Après un premier contrat signé avec la Société Générale, le portefeuille de Greenoffice s’est rapidement étoffé. Aujourd’hui, on trouve ses collecteurs dans l’ensemble des sièges sociaux des entreprises du CAC40, dans plus de 3 000 cantines, « et nous sommes par ailleurs partenaires des leaders du facility management, à commencer par Sodexo », ajoute Michel Vincent.

Cap sur l'international

Fabless — elle externalise la totalité de sa production — l’entreprise emploie aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs en France, pour moitié dans son siège de Levallois (92) et pour l’autre dans ses directions régionales à Nantes, Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille et bientôt Strasbourg, ce qui lui permet de rester au contact de ses clients. Depuis 2015, Greenoffice a également entrepris de se développer à l’international. Ce fut d’abord la Suisse, avec des implantations dans les quatre plus grandes villes du pays. « La Suisse est un marché complexe, sourit Michel Vincent. Et nous nous étions dit que, si nous parvenions à nous y installer, nous aurions de sérieuses chances de réussir ailleurs. » Le pari a été, semble-t-il, gagné puisque l’enseigne de Greenoffice flotte désormais à Munich, Dublin, Bruxelles et Montréal. Envie d’aller encore plus loin ? « Pour l’instant, nous voulons nous concentrer sur l’Europe, en priorité sur les pays où les entreprises se montrent volontaristes en matière de tri sélectif. Notre bureau à Montréal nous permet néanmoins d’adresser ponctuellement le marché nord-américain », souligne Malik Sersar.2017 a marqué une nouvelle étape dans l’histoire de Greenoffice, avec une première ouverture du capital destinée à accompagner sa croissance. « C’est à cette époque qu’Isatis Capital a fait connaissance avec l’entreprise, indique Charles Collin. Si le partenariat n’a pas abouti, nous étions de notre côté séduits, à la fois par le positionnement innovant de la marque et par la complémentarité entre les deux dirigeants, qui avaient par ailleurs un historique entrepreneurial intéressant. Aussi, quand nous avons appris que l’actionnariat de Greenoffice allait être amené à évoluer en fin d’année dernière, nous n’avons pas hésité à nous positionner à nouveau, cette fois-ci pour prendre le lead de l’opération. »

De la data dans les collecteurs

« Mais 2017 ne se résume pas à ce mouvement capitalistique, indique Michel Vincent. C’est aussi l’année où nous avons finalisé l’acquisition d’une société qui s’appelait Picdi et qui est aujourd’hui devenue Storkcom. » Un rapprochement qui aurait de quoi surprendre quand on sait que Picdi était un acteur reconnu de l’internet des objets. « Mais c’est précisément ce qui nous intéressait ! Nous sommes convaincus que l’avenir du waste management passera par la data. Avec des poubelles connectées et des données qualifiées (poids du contenu, taux de remplissage, historique des
collectes…), les entreprises peuvent enfin piloter “à vue” leur stratégie de gestion des déchets, réaliser des gains de productivité considérables, tout en améliorant encore leur impact environnemental. Les données dont nous disposons indiquent que 80 % des poubelles collectées ne sont remplies qu’à 30 %. Il y a là de véritables opportunités d’optimisation à saisir ! » C’est sur ce nouveau créneau des solutions smart et connectées que les deux dirigeants de Greenoffice entendent appuyer le développement de leur entreprise dans les années qui viennent. « Quand nous avons décidé de nous intéresser au secteur du tri sélectif, nous savions qu’il avait besoin d’évolution, résument-ils. Mais finalement, c’est bel et bien à une révolution que nous sommes en train d’assister. Et nous comptons bien y prendre part ! »

Recyclage des papiers : un sujet central !

Des corbeilles de bureau, de mini-collecteurs individuels, des collecteurs à fente verticale, horizontale ou en biais, des collecteurs sécurisés pour les documents confidentiels… Greenoffice développe des solutions de tri adaptées à chaque type d’utilisation. D’après l’Ademe, le papier représente à lui seul les trois quarts du tonnage des déchets produits dans les activités de bureau. Et chaque année, ce sont entre 70 et 85 kilos de papier qui sont utilisés par salarié, soit l’équivalent de trois ramettes. Une consommation qui a un coût, lequel se situerait entre 10 000 et 25 000 euros pour une entreprise d’environ 100 collaborateurs. Problème : seuls 30 % des papiers de bureau seraient recyclés.
Depuis janvier 2018, toutes les entreprises de plus de 20 personnes ont l’obligation de mettre en place un dispositif de tri et de recyclage des papiers. Une contrainte, certes, mais aussi, et surtout, un geste vertueux, synonyme d’économies en bout de ligne pour l’entreprise, de création d’emplois non délocalisables dans les filières de la gestion des déchets et du recyclage et d’un impact environnemental. En effet, dix salariés qui recyclent leurs papiers de bureau font économiser chaque année 13 arbres, 540 kilos de CO2 et 13 000 litres d’eau.

EN BREF

Création : 2004
Dirigeants : Malik Sersar et Michel Vincent
Siège social : Levallois (Hauts-de-Seine)
Activité : solutions de tri pour l’apport volontaire
Effectifs : 15 collaborateurs en France, 8 bureaux de représentation à l’étranger
Chiffre d’affaires 2018 : 13 millions d’euros
Fonds concernés par l’investissement : Isatis Expansion, Isatis Expansion n°2 et n°3