Francis Guillemard, toutes voiles dehors

Le premier business plan de Francis Guillemard a été le bon. Mais ce passionné de mer l'a mis en oeuvre dans un contexte très différent de celui qu'il avait d'abord imaginé.

Francis Guillemard lui dit un grand merci ! Lui, c’est le directeur technique de Bureau Veritas, son premier employeur, auquel il propose, après avoir développé plusieurs applications, son premier business plan et qui décline sa proposition. Le futur P-dg de Graitec avait rejoint, en 1986, le numéro un mondial dans l’évaluation de la conformité et la certification. Il n’y sera resté qu’un an, jusqu’à ce que le peu d’intérêt manifesté pour son projet ne fasse de lui un entrepreneur.

« Je m’étais dit qu’il y avait quelque chose à faire, raconte-t-il, tout jeune ingénieur en bâtiment, à l’époque. C’était les débuts des micro-ordinateurs. Les grands systèmes informatiques étaient réservés aux grandes entreprises qui, seules, pouvaient réaliser des simulations numériques dans les structures des bâtiments. Il a alors l’idée de « démocratiser les simulations numériques .

« J'ai connu 29 ans de Graitec, mais j'ai le sentiment d'avoir changé plusieurs fois d'entreprise. »

Francis Guillemard
P-dg de Graitec

Devant le refus opposé à son business plan, Francis Guillemard monte alors, seul avec un stagiaire, Graitec, qui deviendra le leader de la maquette numérique du bâtiment. Avant de rejoindre Bureau Veritas, il avait suivi un parcours qu’il qualifie de « très particulier . Comme il le dit lui-même, il n’a pas pris la « voie royale . Après un bac + 2 et des études d’économiste dans le bâtiment, il prend des cours du soir au Cnam Paris, où il enseigne d’ailleurs aujourd’hui, et en sort ingénieur en construction civile. « J’ai connu 29 ans de Graitec et rien que de Graitec , constate Francis Guillemard, qui a maintenant 55 ans. Mais, ajoute-t-il aussitôt : « J’ai le sentiment d’avoir changé plusieurs fois d’entreprise, parce qu’il a fallu relever plusieurs challenges et que ces challenges n’ont jamais été les mêmes. Certains ont été plus difficiles à relever que d’autres. Il ne cache pas que l’entreprise a connu des moments extrêmement délicats. « J’ai toujours navigué à pleines voiles, reconnaît ce grand marin qui, après avoir tiré des bords dans l’Océan atlantique, au large de La Rochelle,pendant une dizaine d’années, a fait de Port Grimaud, en Méditerranée, son port d’attache.

Il y a une autre pratique entrepreneuriale que le P-dg. de Graitec affectionne. « Il n’est pas possible de bien gérer la croissance d’une entreprise si vous ne mettez pas en place une forte délégation, affirme-t-il. De nombreux dirigeants d’entreprises ont du mal à déléguer. La clé, c’est de savoir s’entourer. Il reconnaît qu’il est assez exigeant. « Je ne demande pas qu’un engagement de moyens, mais aussi de résultats, dit-il. Je mets à la disposition de mes collaborateurs tous les moyens nécessaires pour qu’ils puissent atteindre le but qui leur a été fixé en suivant les orientations qui ont été arrêtées.

La délégation ne tient-elle pas de l’exercice managérial obligé quand, comme Francis Guillemard, le patron d’une entreprise est en déplacement dans le monde entier la moitié de son temps pour faire le tour desfiliales ou identifier des cibles ?

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Entreprendre est une belle aventure