Jean-Yves Courtois, quand un chercheur se fait entrepreneur

Dirigeant d'entreprise venu de la physique quantique, Jean-Yves Courtois a suivi un parcours professionnel atypique.

Jean-Yves Courtois aurait pu mener une brillante carrière de professeur d’université et de chercheur. Docteur en sciences physiques et théoricien spécialiste de la physique quantique, il a d’ailleurs consacré la première partie de sa vie professionnelle à l’enseignement et à la direction de laboratoires de recherche. Il aurait pu également avoir le parcours bien rempli d’un cadre de haut niveau dans un grand groupe. C’était le plan de carrière qui paraissait lui être promis, lorsqu’il entra dans le groupe d’électronique de défense Thales (alors Thomson-CSF). Mais rien ne semblait le prédestiner à devenir le dirigeant d’une grosse PME. C’est pourtant le métier qu’il exerce, aujourd’hui, à 47 ans. En 2002, Thales le charge de céder une filiale située dans le sud de la France, Temex, spécialisée dans les télécommunications et les activités militaires et spatiales. Celle-ci est rachetée par un groupe familial, qui lui en confie la direction générale. Jean-Yves Courtois repositionne la société. Puis il la scinde en deux : les activités de composants d’un côté et celles d’équipements et de systèmes, « plus haut de gamme , à partir desquelles Jean-Yves Courtois crée Oralia.

Un parcours atypique, mais nullement incohérent. Jean-Yves Courtois établit un parallèle éclairant entre le métier de chercheur et celui d’entrepreneur. Pour lui, il y a, comme il le
dit lui-même, « une grande continuité entre les deux univers, celui de la recherche et celui du management. « Le métier de théoricien dans le domaine scientifique consiste à modéliser des systèmes complexes, explique-t-il. L’entreprise est, elle aussi, un système complexe. Le manager et le chercheur partagent la même ouverture d’esprit. Ils sont occupés, l’un comme l’autre, à ouvrir des voies nouvelles et à explorer des territoires inconnus.

« Nous devons gérer la complexité de notre métier dans un environnement compétitif global, en faisant preuve d’une ambition humble. »

Jean-Yves Courtois
Pdg d'Orolia

Qu’est-ce qui a amené Jean-Yves Courtois à franchir le pas et à quitter un grand groupe, pour découvrir l’entre preneuriat ? « C’est le goût du challenge intellectuel, qui m’a fait basculer, répond-il. J’avais envie de me développer personnellement, de partager une aventure humaine, de faire progresser des hommes et des femmes, d’être un accompagnateur. Le Pdg d’Orolia ne regrette pas ses vies professionnelles antérieures. Il garde un bon souvenir de sa vie de chercheur, mais avoue s’être souvent « senti seul . Son passage dans un grand groupe lui a permis de faire son apprentissage. Mais les « circuits y sont lents , souligne-t-il. Le dirigeant de PME perd, selon lui, en confort. Mais il façonne l’entreprise à son image. « Le dirigeant de PME est à même de constater l’impact immédiat des décisions qu’il a prises , affirme-t-il. « Heureux, dit-il, il l’est, dans sa troisième vie professionnelle, comme il ne l’a jamais été auparavant.

Entreprendre est une belle aventure