Laurent Roux, physicien entrepreneur

C’est en aidant d’autres dirigeants à créer leur entreprise que Laurent Roux a eu l’idée de monter sa propre société. Bien lui en a pris. D’autant que son parcours personnel de chercheur et d’ingénieur l’y avait très bien préparé.

On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Après avoir fait l’École centrale de Marseille et soutenu une thèse de « physique de la matière condensée  à l’université de la cité phocéenne, Laurent Roux effectue la première partie de son parcours professionnel comme ingénieur de production en microélectronique chez Eurotechnique, devenu STMicroelectronics, le premier fabricant européen de semi-conducteurs. Le fondateur d’IBS n’y reste que deux ans. Il emprunte alors un autre chemin que celui de l’entreprise. Il rejoint le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour y créer de toutes pièces un service de soutien des activités de recherche et de développement des entreprises et des laboratoires de la région. C’est à cette occasion qu’il sera amené, parmi d’autres chantiers, à monter un dossier de création d’entreprise pour le compte de dirigeants motivés à lancer leur société.
Laurent Roux décide alors de faire la même chose... pour son propre compte. "Je trouvais que la création d’entreprise était une bonne synthèse de tout ce que j’avais fait avant" , explique-t-il. Fort de sa triple expérience de chercheur en physique du solide, d’ingénieur de production en microélectronique et de gestionnaire de programmes de recherche, il crée près d’Aix-en-Provence son entreprise, à seulement 30 ans, et s’attaque au marché très spécifique de l’implantation ionique. Le président-fondateur d’IBS s’est lancé dans ce secteur, comme il le dit lui-même, "sans y connaître grand-chose. Mais, ajoute-t-il aussitôt d’une voix chantante qui ne laisse aucun doute sur l’implantation géographique de la société, l’apprentissage d’un nouveau domaine fait partie du parcours de tout chef d’entreprise".
Laurent Roux a été un si bon apprenti qu’IBS est devenue trente ans plus tard une société de technologies de pointe unique. Les succès remportés par la PME provençale – qui réalise maintenant 80 % de son chiffre d’affaires en dehors de la France – sont à mettre en grande partie au crédit des talents de visionnaire de son président-fondateur. L’ancien ingénieur a su faire prendre à son entreprise, au bon moment, des options managériales essentielles pour s’imposer sur un marché international extrêmement concurrentiel. À cet égard, le virage stratégique pris en 2006 a été particulièrement décisif. Laurent Roux décide alors de muscler la présence d’IBS à l’export et monte une filiale à Singapour pour en faire sa tête de pont vers l’Asie.
" J’avais senti venir la baisse de la microélectronique en Europe, explique-t-il. Alors que la France comptait il y a 20 ans une dizaine de sites de production de puces électroniques, elle n’en possède aujourd’hui plus que deux".  C’est d’ailleurs sur les marchés étrangers – où il exporte ses machines d’implantation ionique fabriquées en France – que se poursuit le parcours de l’entreprise provençale. Laurent Roux a bien fait, il y a trente ans, de ne pas se contenter de monter des dossiers d’entreprise pour d’autres que lui !

« La création d’entreprise est une bonne synthèse d’une vie d’ingénieur active. »

Laurent Roux
PDG d'IBS

Une passion de jeunesse

Le jeune coopérant qui avait passé 16 mois en Éthiopie après ses études a été très marqué par un pays à la « culture fascinante ». La deuxième nation la plus peuplée d’Afrique réussit, selon Laurent Roux, a bien marier tradition et modernité (grands barrages, énergie solaire et éoliennes) en dépit des difficultés auxquelles elle est confrontée aujourd’hui. Le P-dg d’IBS est resté tellement attaché au « dragon de l’Afrique », qu’il a tenu à le faire découvrir, il y a quelques années, à ses deux enfants âgés d’une vingtaine d’années.

PARCOURS express

Sorti ingénieur en physique de l’École centrale de Marseille en 1979, Laurent Roux soutient une thèse en physique de la matière condensée à l’université de Marseille. Il entre ensuite chez Eurotechnique (devenu STMicroelectronics) comme ingénieur semi-conducteur. Deux ans plus tard, il rejoint le conseil
régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour y créer le service recherche. Il le quitte en 1987 pour monter sa société, IBS.

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Entreprendre est une belle aventure