Aérophile prend de la hauteur

Le groupe Aérophile est devenu en vingt ans le leader mondial du ballon captif. Cette PME très innovante vient de franchir une nouvelle étape importante de son développement dans le secteur des loisirs avec l'appui d'Isatis Capital.

Quel chemin parcouru dans les airs et… sur terre ! Le groupe Aérophile a vécu une formidable épopée, qui a fait d’une PME parisienne le leader mondial de la fabrication, vente et exploitation des ballons captifs.

« Les ballons captifs avaient été inventés au xixe siècle et avaient disparu après la guerre de 1914-1918, raconte Jérôme Giacomoni, président d’Aérophile. Nous avons inventé le premier ballon captif des temps modernes.

Le produit-phare du groupe est un grand ballon de 23 mètres de diamètre, retenu au sol par un câble et permettant à 30 passagers de monter à 150 mètres de hauteur. Les ballons sont installés dans des parcs à thème ou dans des centres commerciaux. Ils sont aujourd’hui présents dans les plus grands parcs d’attractions du monde, comme le parc Walt Disney World Resort, à Orlando, en Floride, Disneyland, à Paris, ou encore le Futuroscope, à Poitiers. Le groupe Aérophile exploite également depuis 1999 le ballon de Paris, dans le parc André Citroën du xve arrondissement, le premier indicateur de la qualité de l’air dans la capitale.

« Le ballon captif “moderne” est un produit complexe, bourré de technologie, explique Jérôme Giacomoni. Les ballons sont fabriqués chez des sous-traitants : l’enveloppe est fabriquée en Allemagne et le treuil ainsi que la nacelle sont fabriqués en France. « Nous avons été largement copiés, mais aucun de nos concurrents n’a réussi à s’imposer, constate le président du groupe Aérophile.

Vingt ans après sa création, Aérophile a vendu 75 ballons dans une trentaine de pays, transporté 500 000 personnes dans les huit ballons qu’il exploite lui-même et développé un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros en 2013, en hausse de 25 % par rapport à 2012.

Le groupe réalise plus de la moitié de son activité à l’export. Aérophile a connu un développement spectaculaire, non seulement parce qu’il maîtrise parfaitement la technologie des ballons captifs, mais aussi parce qu’il a su développer des innovations qui ont considérablement enrichi sa gamme de produits et constitué autant de relais de croissance. Le groupe a pris au bon moment les bonnes décisions managériales et a su saisir les meilleures opportunités stratégiques.
Ainsi, il a inventé l’Aérophare, en 2007, pour les centres commerciaux, un ballon capable de fonctionner quelles que soient les conditions climatiques, en plus de constituer un efficace support publicitaire.
L’Aérobar, inauguré en 2013 au Futuroscope, est quant à lui le premier « food-tainment aérien, un concept tenant de la restauration et du loisir (l’Aérobar propose de prendre un verre ou une collation dans les airs, à 35 mètres de haut, les pieds dans le vide).

« Le climat de confiance mutuelle dans lequel nous travaillons depuis neuf mois avec les cofondateurs d'Aérophile ouvre des perspectives passionnantes. »

Laurent Baudino
Directeur d'investissement chez Isatis Capital

De fabricant à exploitant

Le modèle économique d’Aérophile a considérablement évolué, depuis la création de la société. Le développement stratégique du groupe s’est déroulé en trois phases, toutes parfaitement maîtrisées, et a été empreint d’une remarquable cohérence managériale.

« La force d’Aérophile est de ne pas être resté un simple fabricant, en devenant rapidement un opérateur, développe Jérôme Giacomoni. Nous savons ainsi quelles sont les attentes du public. Le groupe a donc tout d’abord été principalement un fabricant de ballons captifs, puis a ensuite élargi ses compétences en devenant exploitant de plusieurs sites en France et aux États-Unis. L’ouverture du Parc du Petit Prince, en juillet 2014, marque, enfin, la troisième phase d’un mouvement stratégique de grande ampleur. Le groupe Aérophile devient l’exploitant à part entière de l’ensemble d’un parc
de loisirs et non plus de seulement d’une ou plusieurs attractions. C’est d’ailleurs à cette occasion que les chemins du groupe Aérophile et d’Isatis Capital se sont croisés pour la première fois.

Le leader mondial du ballon captif a procédé, fin 2013, à une augmentation de capital. « L’opération répondait à un double objectif, explique Laurent Baudino, directeur d’investissement chez Isatis Capital. Il s’agissait, d’une part, de renforcer les fonds propres, pour poursuivre le développement des activités historiques de la société, la fabrication et l’exploitation de ballons captifs et, d’autre part, de financer le projet du Parc du Petit Prince. Cette nouvelle activité, complémentaire des précédentes, devait constituer un nouveau levier de croissance et de création de valeur.
Isatis Capital a été convaincu par la personnalité des dirigeants du groupe Aérophile. « La rencontre humaine a été le déclencheur, affirme le directeur d’investissement. Le projet
avait été mûrement réfléchi. Le savoir-faire acquis par la société dans l’exploitation
des attractions et le choix de l’image du Petit Prince ont emporté notre adhésion.

« Le domaine des loisirs est un secteur en croissance dans presque tous les pays du monde et offre de magnifiques opportunités de développement à long terme. »

Jérôme Giacomoni
Président d'Aérophile

Fort développement international

Le développement du groupe dans ses deux métiers historiques – la fabrication et l’exploitation des ballons captifs – s’effectue pour la plus grande partie à l’international, le rendant ainsi beaucoup moins dépendant de la croissance économique en France.

« Chaque étape du développement du groupe était parfaitement cohérente avec la précédente, poursuit Laurent Baudino. Quand nous nous sommes intéressés au dossier, nous avons tout de suite compris que la société était assise sur des bases historiques fortes.

Et demain ? « Nous avons plus que doublé de taille, sur la partie exploitant, entre 2012 et 2014, explique Jérôme Giacomoni. Notre objectif, aujourd’hui, est de consolider nos activités et d’améliorer encore la rentabilité de l’exploitation des sites. Le président d’Aérophile garde les pieds sur terre…

Entreprendre est une belle aventure